VOTRE BAIL COMMERCIAL PAR ACTE NOTARIÉ ET SA COPIE EXÉCUTOIRE

La loi n° 2026-403 de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 va bouleverser les relations entre bailleurs et preneurs en matière de bail commercial. Elle sacrifie les sûretés consenties au bailleur dans le bail commercial en les réduisant à une peau de chagrin.

Les engagements, sûretés et garanties de toute nature demandés afin d’assurer la bonne exécution du bail (notamment le paiement des loyers) sont limités à un montant représentant un trimestre de loyers.

Le texte étant d’ordre public, il sera difficile d’y échapper.

En revanche, le titre exécutoire qu’offre l’acte notarié confèrera un avantage indéniable au bailleur soumis désormais à la seule règle du « prix de la course » (C. civ., art. 2284 et 2285).

Deux possibilités s’offre alors au créancier bailleur titulaire d’une copie revêtue de la formule exécutoire :

  • celle de pratiquer des voies d’exécution sur les biens composant le patrimoine du débiteur, sans passer par le juge (CPCE, art. L. 111-2), telle que la saisie de comptes bancaires.
  • celle de pratiquer sur les biens du débiteur une sûreté conservatoire ou une sûreté judiciaire, notamment un nantissement ou une hypothèque provisoire (CPCE, art. L. 511-2, L. 511-1).

Si vous confiez la rédaction du bail à votre notaire il pourra vous délivrer une copie revêtue de la formule exécutoire laquelle aura une valeur identique à un jugement. Si le bail a déjà été établi sous signature privée, le notaire peut demander aux parties soit de le déposer au rang de ses minutes avec reconnaissance d’écritures et de signatures, soit de procéder devant lui à sa réitération.

L’acte notarié et le titre exécutoire qu’il confère, sont devenus une opportunité pour tout bailleur commercial et ainsi lui permet d’obtenir des garanties sur l’execution du bail.Cela deviendra une clause de style dans la rédaction des baux commerciaux.

 

Donation exceptionnelle pour aider ses proches à acheter ou rénover

Donation exceptionnelle pour aider ses proches à acheter ou rénover

Pour faciliter l’accès à la propriété, un abattement exceptionnel de 100.000 € sur les droits de mutation à titre gratuit a été créé, à condition que les sommes servent à l’achat d’un bien neuf ou au financement de travaux de rénovation énergétique du logement.

1.Qui peut bénéficier de cette donation ?

Le donataire bénéficiaire de la somme peut être enfant, petit-enfant, ou arrière petit-enfant, majeur ou mineur. A défaut de descendance, il peut être neveu ou nièce.

2.Quelle forme prend cette donation ?

La donation porte sur une somme d’argent avec l’obligation d’être utilisée dans les six mois avec une date limite le 31 décembre 2026.

3. Quels types de biens peuvent en bénéficier ?

Le donataire doit utiliser l’intégralité des fonds versés à l’achat d’un bien neuf. Sont exclus, la construction d’une maison individuelle, les résidences étudiant, personnes âgées ou handicapées, l’acquisition de biens démembrés ou en indivision, l’apport à une SCI.
Les travaux de rénovation doivent être éligibles au dispositif MaPrime-Rénov ( exemple : remplacement du chauffage, travaux d’isolation)

4.Cumuler les abattements sur les droits de mutation

En pratique, un enfant bénéficiera de l’abattement de chacun de ses père et mère soit 200.000 € et de l’abattement exceptionnel de 100.000 € soit ensemble 300.000 €. Cet abattement peut se cumuler avec celui des dons d’argent par un ascendant de moins de 80 ans en faveur d’un enfant ou petit-enfant majeur (31.865 €)

ATTENTION : L’avantage que vous consentez à l’un de vos enfants ou petits-enfants peut créer un déséquilibre lors du règlement de votre succession.

Les 5 points à retenir

  • l’abattement n’est valable qu’une seule fois et avant le 31 décembre 2026,
  • l’abattement est cumulable avec tous les autres abattements sur les droits de mutation à titre gratuit,
  • le logement doit être à usage de résidence principale au moins cinq ans,
  • le logement ne peut être loué à un membre du foyer fiscal,
  • les travaux doivent être éligibles à MaPrime-Renov,

 

ETUDIANTS : pourquoi recourir au bail notarié ?

ETUDIANTS : pourquoi recourir au bail notarié ?

De nombreuses familles recherchent une location pour loger leurs enfants devenus étudiants.

Connaissez-vous le bail étudiant ?
Le bail étudiant est parfaitement adapté aux contraintes des étudiants. En effet, il correspond à l’année universitaire. Sa durée est de neuf mois (article 25-7 de la loi 89-462 du 6 juillet 1989), afin de ne pas payer un loyer pendant les vacances estivales. L’étudiant n’a pas besoin de déposer un préavis à la fin du bail.
Pour conserver le logement, il est alors nécessaire de signer un nouveau bail. Le bail étudiant constitue une variante du bail meublé classique. De ce fait, le logement doit obligatoirement être meublé, c’est-à-dire qu’il doit être équipé d’un mobilier en nombre et qualité suffisants qui permette au locataire d’y dormir et manger.

Quelle solution pour un bail plus long ?
Pour une durée supérieure, il est possible de se tourner vers le bail mobilité (entre un et dix mois, non renouvelable et non reconductible. Toutefois, il peut être modifié une fois par avenant sous réserve que la durée totale n’excède pas dix mois), le bail meublé classique (d’un an minimum et renouvelable) ou le bail d’habitation vide de meubles (de trois ans avec un préavis de trois mois). Le bailleur peut combiner bail étudiant et location saisonnière pour un rendement attractif. Il existe aussi des alternatives : chambre meublée, colocation, colocation intergénérationnelle…

Pourquoi choisir le bail notarié ?
Lors de la signature d’un contrat de location, il est possible de choisir entre le bail notarié rédigé et signé par un notaire ou le bail sous seing privé signé entre le bailleur et le locataire. Le notaire est le conseil de ses clients et après avoir recueilli leurs volontés, il rédige une convention équilibrée protégeant toutes les parties.
Le bail notarié constitue un titre exécutoire, c’est-à-dire qu’il a la force d’une décision de justice. Le bailleur peut ainsi obtenir l’exécution forcée des obligations du locataire sans devoir saisir le juge. Par exemple, il peut directement mandater un huissier de justice pour obtenir le recouvrement en cas de loyers impayés. Le notaire veille au respect des formalités légales (présence des diagnostics obligatoires…) et à l’adéquation des clauses contractuelles à la réglementation en vigueur.

Quel est le coût d’un bail notarié ?
Le montant relatif à l’état des lieux, aux visites, à la constitution du dossier et la rédaction du bail est partagé pour moitié entre le bailleur et le locataire. Il s’élève à la moitié du montant du loyer hors charges.

S’expatrier ? Les notaires facilitent vos démarches

S’expatrier ? Les notaires facilitent vos démarches

L’expatriation peut avoir un impact sur le plan patrimonial, matrimonial et successoral. Un expatrié français peut se retrouver dans une situation où les lois de plusieurs Etats trouveraient à s’appliquer

Quelle est la situation matrimoniale des expatriés ?

Les couples expatriés peuvent choisir librement la loi et leur régime matrimonial en établissant un contrat de mariage devant notaire. À défaut de contrat de mariage, depuis le 29.01.2019, le règlement (UE) 2016/1103 du 24.06.2016 prévoit que le régime matrimonial des époux dépend en principe de l’État de leur première résidence habituelle après le mariage.

Par ailleurs, de nombreux pays européens connaissent le partenariat civil. Depuis le 29 janvier 2019, le Règlement UE 2016/1104 du 24 juin 2016 permet aux partenaires de choisir, avant ou pendant leur partenariat, la loi applicable aux effets patrimoniaux de leur partenariat. Les expatriés peuvent opter pour le régime de pacs de l’État de leur résidence habituelle, celui de la nationalité d’un partenaire ou celui du lieu où le partenariat est conclu. Des expatriés français peuvent donc choisir le pacte civil de solidarité francais.

Quel est l’impaet fiscal d’une expatriation ?

Les règles fiscales applicables à un expatrié dépendent du lieu de son domicile fiscal.
Pour éviter une double domiciliation, la France a conclu des conventions bilatérales avec divers Etats dont la mise en œuvre est subordonnée à la preuve apportée par le contribuable que ses revenus sont imposables en tant que résident dans un autre État. Ces conventions prévoient plusieurs critères successifs permettant de déterminer la domiciliation tels que le lieu d’habitation où réside le contribuable et sa famille de manière durable, le centre des intérêts vitaux, la durée du séjour, la nationalité.

Exemple en matière d’impôt sur le revenu : si le domicile est situé hors de France. le contribuable est en principe uniquement imposable sur ses revenus de source française. En revanche, si ce domicile fiscal est en France, l’ensemble de vos revenus quelle que soit leur origine.

En ce qui concerne la transmission des biens à titre gratuit (succession ou donation), soit il existe une convention conclue entre la France et le pays étranger où vit l’expatrié visant à éviter les doubles impositions, soit l’article 750 ter du Code général des impôts dispose que les biens transmis sont imposables en France, sous réserve que le donateur/défunt ait son domicile fiscal en France, que les biens se trouvent en France, alors même que ni le donateur ou défunt. ni les donataires ou héritiers n’ont leur domicile fiscal en France ou que les donataires/héritiers/légataires aient été domiciliés en France pendant au moins 6 ans lors des 10 dernières années.

Toutefois, l’article 784 A du code général des impôts prévoit que « Le montant des droits de mutation à titre gratuit acquitté, le cas échéant, hors de France est imputable sur l’impôt exigible en France ». C’est également le cas pour le paiement de l’impôt sur la fortune immobilière: en l’absence de conventions fiscales internationales, l’article 980 du CGI prévoit notamment que le montant des impôts acquitté hors de France est imputable sur l’impôt exigible en France, pour les bien situés hors de France.

Pourquoi consulter un notaire ?

Il est recommandé de consulter un notaire avant tout projet d’expatriation afin d’anticiper au mieux les conséquences de ce choix de vie. Il pourra faire un bilan de la situation pour éviter au maximum les déconvenues.Il vérifiera l’existence de convention internationale bilatérale entre la France et le nouveau pays de résidence. Une fois expatrié, il est toujours possible de contacter un notaire

Guide juridique des français à l’étranger | Notaires de France (www.notaires.fr)

Depuis le 21 novembre 2020, le notaire peut recevoir une procuration notariée avec comparution à distance, ce qui peut faciliter la signature des documents des expatriés, (notamment les donations pour lesquelles une procuration authentique est indispensable).

Copropriété et location touristique

Copropriété et location touristique

Avant de se lancer dans un projet de location touristique, le copropriétaire doit s’assurer que le règlement de copropriété ne l’interdit pas. L‘article 9 de la loi du 10 juillet 1965 permet a chaque copropriétaire de jouir librement de son lot, ce qui inclut en principe, le droit de le louer. Ce droit peut toutefois être restreint par le règlement de copropriété lorsque celui-ci spécifie que l’immeuble ne sera qu’à usage d’habitation, excluant toute activité commerciale ou parahôtelière.

Une activité commerciale

Pour qu’une location soit qualifiée de « commerciale », le loueur doit proposer, en plus de l’hébergement, au moins trois prestations supplémentaires.

Dans une affaire récente, les juges ont ainsi ordonné aux copropriétaires de cesser leur activité commerciale dans un immeuble d’habitation après avoir constaté, sur les captures d’écran d’annonces publiées sur le site Booking, que le loueur fournissait des services d’accueil, de fourniture de draps et serviettes, de nettoyage des locaux, de livraison de courses, de transfert depuis l’aéroport et de location de voitures (TJ de Meaux, 28 mars 2025 RG n° 23/05189).
À l’inverse, le même jour, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a jugé qu’une location touristique avait conservé sa nature civile, l’hébergement n’étant assorti que de deux services: le dépôt de bagage et le petit déjeuner (CA d’Aix-en-Provence 20-03-2025 n° 24/10669)

Des troubles anormaux de voisinage

 Reste que les copropriétaires gênés par des locations touristiques intempestives « civiles » peuvent tenter d’y mettre un terme en invoquant le trouble anormal du voisinage, comme l’a reconnu le jugement du tribunal de Meaux précité, eu égard aux preuves suivantes du trouble: des captures d’écran d’annonces autorisant l’arrivée des hôtes « à toute heure », des images de caméras de surveillance filmant les allées et venues incessantes dans les couloirs, des photos de déchets abandonnés près des logements,

La loi Le Meur du 19 novembre 2024

Depuis ce texte, les copropriétaires ont la possibilité de modifier le règlement pour proscrire les locations touristiques dans les lots constituant des résidences secondaires, via un vote de l’assemblée générale à la majorité de l’article 26, avec la possibilité de procéder à un second vote, à une majorité moindre, au cours de la même assemblée (article 26-1 de la loi du 10 juillet 1965). Par ailleurs, les nouveaux règlements de copropriété doivent mentionner l’autorisation ou l’interdiction de cette activité dans l’immeuble.

Décision du Conseil Constitutionnel sur l’interdiction des locations touristiques

Dans une décision rendue le 19 mars, les Sages valident la possibilité, pour une copropriété, d’interdire les locations touristiques, des résidences secondaires.

À l’origine de cette affaire, un propriétaire caennais possédant plusieurs biens. Ce dernier contestait une résolution adoptée en assemblée générale interdisant les locations de courte durée dans son immeuble. Il estimait que cette mesure portait atteinte à son droit de propriété ainsi qu’à sa liberté d’entreprendre.

Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel n’a pas suivi cette argumentation. Il considère que l’atteinte à ces libertés reste encadrée et proportionnée au regard de l’objectif poursuivi par le législateur : limiter les nuisances liées aux locations touristiques et répondre à la tension croissante sur le marché du logement.

Les juges soulignent que cette interdiction ne s’applique qu’aux résidences secondaires situées dans des immeubles où toute activité commerciale est déjà exclue. Elle ne remet pas en cause les autres formes de location, notamment les baux d’habitation classiques. Ils notent aussi le caractère réversible de la mesure. Les copropriétaires conservent en effet la faculté de revenir sur cette interdiction à tout moment, par un nouveau vote en assemblée générale.

Une analyse juridique à lire pour mieux comprendre le décision du Conseil constitutionnel : Airbnb et copropriété comprendre la loi lemeur